Le Rendez-vous 32 : Running : la course au business ?

Patrick Aknin, Mathieu Cherreau, Samih Khalef, David Mignot, Benoît Ponton, Jean-Pierre Run Run

Running : la course au business ?

Jeudi 24 mars 2016 à 8h30

L’engouement pour le running ne cesse d’accroître ces dernières années au point de faire de cette pratique le nouveau sport à la mode. Afin d’accompagner ce succès, de nombreux professionnels se sont lancés dans un business autour du running. Un sujet d’actualité et surtout d’avenir débattu par plusieurs spécialistes du secteur : Patrick Aknin, créateur de La Parisienne et ancien organisateur du Marathon de Paris ; Matthieu Chéreau de la plateforme Running Heroes ; Samih Khalef, Directeur des ventes chez Asics ; David Mignot, organisateur de la course Color Me Rad ; Benoît Ponton, créateur de l’Oxy’Trail et ancien athlète de haut niveau en semi-marathon et Jean-Pierre Run Run, blogger sur le running.

Compte-rendu

Avec un panel d’intervenants large et diversifié, ce rendez-vous a été l’occasion d’aborder toutes les composantes liées au thème « Le running : la course au business ? ».

Patrick Aknin, créateur de La Parisienne, a lancé le débat en évoquant la démocratisation de la course à pieds qui a subi une métamorphose lors de la dernière décennie : « Nous sommes passés d’un esprit sportif à un bien-être de l’esprit ». Cette tendance est portée essentiellement par la participation en ascension de la gente féminine : 70% des pratiquants de course à pieds et 48% des licenciées de la Fédération française d’athlétisme sont des femmes (bien qu’on compte seulement 300 000 licenciés pour 10 millions de pratiquants car les adeptes du running considèrent aujourd’hui qu’ils n’ont pas besoin d’être licenciés en club). La Parisienne avait d’ailleurs été créée dans l’optique de proposer une configuration de course adaptée aux femmes qui souhaitent se retrouver entre elles pour vivre un moment de convivialité et de partage.

Cette mutation s’illustre notamment sur le plan des équipements. En effet, les exigences des femmes sont plus orientées vers les critères look et confort, contrairement aux hommes qui sont plus axés sur la performance sportive et ses dérivés. À ce titre, Samih Khalef souligne que, chez Asics, on se concentre davantage sur la façon de faire évoluer le look du produit tout en innovant en termes de technicité. Le but étant de proposer un produit adapté aux attentes de toutes les catégories de coureurs.

En plus du secteur équipementiers, d’autres marchés se sont littéralement transformés afin de répondre à une demande qui explose. On note à titre d’exemples la croissance des ventes de magazines dédiés au running ou encore l’apparition de nouvelles applications mobiles. Comme le rappelle Matthieu Chéreau de Running Heroes, plateforme récompensant les coureurs pour leurs efforts, la récolte des données des courses connectées est un bon moyen pour proposer des expériences inédites aux utilisateurs. Ces expériences peuvent être personnalisées ou collectives comme chez les entreprises qui organisent des challenges pour motiver leurs employés ou contribuer à leur bien-être.

Bien qu’il soit préférable d’éviter une surconsommation de la connectivité selon Jean-Pierre Run Run, il est toutefois important de mettre l’accent sur l’apport de cette technologie dans le milieu de la course à pieds. En effet, la connexion incite les gens de tous horizons à se rencontrer pour pratiquer leur sport de prédilection et partager une passion commune. À travers son blog où il retrace ses aventures de coureur (préparation, problèmes physiques, …), Jean-Pierre a réussi à séduire une large communauté s’intéressant au running. Ce succès lui a permis d’attirer plusieurs sponsors au moment où d’autres athlètes de haut niveau peinent à trouver un soutien financier malgré les bons chronos réalisés. C’est d’ailleurs un point qui a interpellé Benoit Ponton qui ne cache pas son désarroi face à cette situation. Il estime que tout athlète de haut niveau devrait bénéficier d’un accompagnement pour développer son marketing personnel ainsi que pour assurer sa présence régulière sur les réseaux sociaux.

Sur la question des « fun races », Jean-Pierrre Run Run a avoué avoir analysé le phénomène et conclu que les vrais coureurs ne prennent pas part à ce type d’événements. Ils permettent tout de même de rassembler un public différent autour d’une activité sportive. Si on prend l’exemple de la « Color Me Rad », le but de cette course, selon Benoit Mignot, est de goûter au plaisir de courir dans une ambiance festive. Il s’agit en effet d’un concept américain qui s’est développé depuis deux ans avec 10 courses par an et connaît la participation massive des familles (44%) et des femmes (60%). Les jeunes constituent également une cible importante de ce rendez-vous puisque les 18-25 ans représentent 38% des participants. Cette caractéristique a permis aux organisateurs de s’attacher les services de plusieurs partenaires.

Interrogé sur la particularité des trails, Benoit Ponton a d’abord rappelé que l’intérêt pour ce type de course à pieds est en constante augmentation depuis 8 ans, surtout du côté des femmes. Le créateur de l’Oxy’Trail a également précisé que la notion du chrono n’existe plus au moment où les coureurs sont en quête de performances sur de longues distances. Sur le plan marketing, « l’idée est de faire découvrir le territoire à ceux qui vivent sur ce dernier mais également aux personnes qui n’y habitent pas », conclut Benoît Ponton.

Vidéos

Présentation de l'Oxy'Trail 2016

 

Le Marathon de New York par Jean-Pierre Run Run

 

UNICEF Heroes Day - 1ère course connectée by Running Heroes

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